CETON

St PierreL’église SAINT-PIERRE-ES-LIENS

L’église Saint-Pierre-ès-Liens fut donnée vers 1090 par Gauthier Chesnel, seigneur de Ceton, aux moines clunisiens de Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou. Ils établirent là un prieuré qui dura jusqu’à la révolution.
St Pierre remplaça comme lieu de culte l’église paroissiale détruite à la révolution. Originale par la juxtaposition de ses éléments, elle fut édifiée en trois époques :

- Le clocher est la partie la plus ancienne (XIe siècle). Il forme une sorte de donjon carré aux murs très épais à la base, contrebutés par de hauts contreforts plats. Au dernier étage s’ouvrent quatre baies en plein cintre (l’une cachée par le pignon de la nef) aux colonnettes et chapiteaux restaurés. La toiture en pavillon repose sur une corniche à modillons sculptés de figures humaines.

- La Nef est à deux niveaux ; adossées au clocher, les deux premières travées témoignent d’une ébauche de reconstruction au XVIe siècle, avec un étage de hautes fenêtres en arc brisé ; peut-être, faute d’argent, le reste de la nef fut laissé en son état du XVe siècle et les deux travées reconstruites, voutées en 1615 ; les bas-côtés, coiffés de toitures à deux versants, forment sur chaque façade une série de pignons aux rampants assises, percés de fenêtres à remplage flamboyant ; côté sud, des gargouilles saillantes surgissent des contreforts gothiques ; côté nord, le pignon en avancée abrite le porche ; il est orné d’une balustrade au réseau ajouré et de rampants fleuronnés coiffés d’une statue ; le tympan polychrome et fleurdelysé accueille, sous son dais, un Saint-Pierre moderne.

- Le Chœur, du XIIIe siècle (chapelle de l’ancien prieuré), était réservé aux seuls moines. Un jubé supprimé en 1808/1809, le séparait de la nef, ce qui en atténuait le défaut d’alignement ; les fenêtres gothiques latérales, élancées sont séparées par un large meneau de pierre ; le chevet, plat aux baies en arc brisé occultées, est percé d’un oculus composé de quatre quadrilobes ; deux animaux sculptés et des choux-fleurs soulignent les rampants du pignon sommés d’une croix de pierre.