LA CROIX DU PERCHE

EGLISE SAINT MARTIN XIIe SIECLE

La Croix du Perche tire son nom du latin « Crux-in-Pertico », désignation qui remonterait au XIIe siècle, période pendant laquelle des moines détachés de la colonie de Dom Bernard, fondateur de l’abbaye de Tiron, s’implantèrent dans cette contrée et y fixèrent une croix éponyme comme signe de la possession qu’ils établirent au nom de la religion chrétienne.

Ces bénédictins décidèrent d’y fonder un prieuré comprenant une série de bâtiments parmi lesquels fut édifiée une chapelle, devenue l’église actuelle.
Le quatrième poinçon était orné d’un écusson surmonté d’une crosse et d’une mitre abbatiale, signe de la domination des abbés à cette époque.

L’église, constituée d’une nef unique que prolonge un hémicycle semi-circulaire, est d’origine romane comme attestent notamment les petites fenêtres en plein cintre dans le chœur, les traces de baies murées dans les murs gouttereaux ainsi que les modillons qui soutiennent la corniche en grison. Construite en moellon de grès brut, l’édifice s’appuie sur d’épais  contreforts.
Les fenêtres de l’église ont fait l’objet au fil des siècles  de profonds remaniements : au XVIe siècle, une baie méridionale fut remplacée par une grande fenêtre ogivale ornée d’un réseau flamboyant tandis qu’au XIXe siècle, plusieurs fenêtres de la nef, d’origine romane, furent agrandies.

Comparable aux églises de Nonvilliers et Grandhoux, la façade occidentale était à l’origine un clocher-mur.

Constituée d’une grande arcature en tiers point, elle est soutenue par des contreforts plats en grison, épais à la base et se terminant en biseau. La partie supérieure, qui abritait les cloches, a été supprimée. Le portail en anse de panier est surmonté d’un oculus. Au dessus, une niche semble avoir abrité une statue. Cinq croix de consécration subsistent encore sur le bâtiment dont l’une d’elles est visible sur la paroi nord de l’église.

En dépit de son humble apparence architecturale, toute la magnificence de cette église réside dans la richesse et la diversité de son ornementation intérieure dont la voûte lambrissée constitue la partie la plus remarquable. Constituée de 118 panneaux, le berceau de la voûte est supporté par  six entraits octogones ornés d’enluminures et de sculptures polychromes.

La date, gravée en chiffres romains sur le deuxième poinçon, atteste de la réalisation de la voûte et de son décor en 1537.

Des saints, des martyrs, des têtes humaines, des animaux, des caissons, etc…, se déroulent en frise tout au long de la nef. Dans l’abside en cul-de-four resplendit le soleil dont les rayons ondulent sur des anges et des têtes ailées. Aucun texte ne nous renseigne ni sur le commanditaire ni sur l’auteur de ce décor exceptionnel.

Des traces de polychromie, encore visibles sur les murs de l’église, rappellent une fresque, recouverte de badigeon, réalisée à l demande des moines de Tiron. Ces peintures évoquaient un haut fait d’armes qui opposa en 1589 royalistes et ligueurs à La Croix du Perche.